Nous avons interviewé Jean-Michel Damien, Médecin Biologiste et Président de l’Institut Cerba, partenaire du Salon Santé pour tous. Nous vous donnons rendez-vous du 9 au 11 mars afin de découvrir les thématiques abordées par l’Institut Cerba.

Pourquoi avez-vous décidé de participer au salon Santé pour tous ?

Ce salon « Santé pour tous » est une initiative tout à fait intéressante et qui a retenu immédiatement notre attention.

En effet, elle répond à une des missions que s’est fixé l’Institut Cerba, fonds de dotation du Groupe Cerba HealthCare, à savoir le soutien de tout projet pédagogique, toute formation, information et plus généralement toute innovation en termes d’éducation à la santé du plus grand nombre.

Quelles sont les thématiques que vous souhaitez aborder pendant le salon ?

Nous serons présents pour informer le grand public sur la biologie médicale et le rôle qu’elle joue dans le diagnostic des pathologies et leur suivi, mais aussi dans le suivi de son capital santé.
Aujourd’hui, nous soutenons des associations de patients dans leur rôle d’éducateurs et de « relais d’information », ce seront des exemples très concrets sur lesquels nous pourrons échanger avec le public.

Nous avons par ailleurs prévu d’intervenir sur des thématiques médicales pour lesquelles la demande d’information est très importante comme le microbiote intestinal, l’intolérance au gluten, etc.

Quelle est votre vision de l’évolution de votre secteur dans les années à venir ?

La biologie médicale est un élément déterminant dans la prise en charge des patients. Des études ont montré que 70% des décisions médicales se prennent sur des résultats de biologie médicale. De plus, la mutation vers une médecine de plus en plus personnalisée se traduit par une implication toujours plus forte du biologiste dans la décision thérapeutique et le parcours de soins.

Le rôle du biologiste est double, être aux côtés des autres professionnels de santé pour contribuer à une prise en charge la plus efficiente possible du patient et être aux côtés du patient pour lui poser les bonnes questions et l’accompagner dans la compréhension de ses résultats d’analyses.

 

Selon vous, le rôle du patient est-il amené à évoluer dans les prochaines années ? Si oui, comment et pourquoi ?

Le rôle du patient a déjà beaucoup évolué ces dernières années. On parle aujourd’hui de « patient empowerment », de patient « acteur », de patient « expert ».

En effet, en particulier pour les pathologies chroniques, le diabète, le cancer, le patient cherche à comprendre sa pathologie, les examens qui lui sont prescrits, les résultats obtenus, le traitement qu’il va suivre et ses effets.

Cette tendance forte est liée à différents changements, sociétaux, technologiques avec l’arrivée du digital, réglementaires et à des impératifs d’amélioration des résultats et de la performance des systèmes de soins. Rendre les patients et les citoyens plus autonomes et plus responsables face à leur santé devient une nécessité.

Travaillez-vous déjà avec des start-ups ? Si oui, de quelle manière et pourquoi ?

Le groupe Cerba HealthCare travaille avec de nombreuses start-ups en France ou à l’international. Nous avons signé divers partenariats tant au niveau de transferts de technologie en vue de la mise au point en routine médicale de nouveaux biomarqueurs que sur le plan serviciel comme le développement d’appli patient.

Quelles sont les innovations majeures sur lesquelles vous travaillez en ce moment ?

Nous travaillons sur de nouveaux examens de biologie médicale qui vont permettre aux médecins d’être plus efficients et aux patients d’être diagnostiqués plus tôt ou de bénéficier du traitement le plus approprié.

Par exemple, nous pouvons aujourd’hui proposer l’analyse du Whole Exome comme nouvel outil de diagnostic des maladies génétiques rares ou un test de métagénomique qui peut, à partir d’un seul prélèvement sanguin, détecter plus de 1 200 bactéries et virus.

Ce test sera particulièrement utile pour les patients immuno-compromis qui présentent une suspicion d’infection.

Par ailleurs, nous travaillons sur un parcours de soins de plus en plus digitalisé avec des applications mobiles dédiées aux patients qui vont faciliter l’accès au laboratoire, faciliter le prélèvement et ensuite l’accès aux résultats ainsi que l’accompagnement médical.

Nous mettons aussi beaucoup d’énergie à réinventer l’expérience au laboratoire, en particulier au moment du prélèvement, moment « toujours un peu angoissant », en particulier pour certaines populations comme les enfants ou les patients atteints d’une maladie chronique. Nous intégrons par exemple l’utilisation de la réalité virtuelle au moment du prélèvement.