Les très puissantes molécules d’autodéfense que les coraux produisent pourraient être la clé pour traiter certains types de cancers, pour le moment, incurables. Les coraux produisent certaines toxines nocives, mais ce sont bien ces toxines-ci qui intéressent fortement la recherche.

En France, c’est plus de 150 000 personnes qui, tous les ans, décèdent de cancers. Certains patients sont atteints de cancers orphelins incurables, à cause desquels leur état de santé s’amoindrit en quelques semaines. Aujourd’hui, la médecine actuelle ne peut pas offrir de traitement assez puissant pour imaginer des rémissions. Certains scientifiques cherchent sans cesse des solutions au différents types de cancers, et concernant ce cas précis, la solution pourrait se trouver dans les fonds marins.

En effet, depuis plusieurs années, les chercheurs se penchent sur les coraux. Ces derniers, qui sont sur Terre depuis des millions d’années, sont considérés comme des médicaments potentiellement forts pour traiter certains cas. Afin de se protéger de la vie sauvage et des prédateurs sous-marins, les coraux produisent des toxines nocives, dont l’effet peut s’apparenter à celui du poison. L’expert en la matière, Denis Allemand, Directeur du centre scientifique de Monaco, explique : “Un animal quelconque, quand il est agressé, il fuit ou il se cache, les coraux ne pouvant pas se cacher, ont développé d’autres systèmes de défense.”

Des premiers tests concluants

Une société française, basée dans la cité phocéenne, Marseille, travaille en ce moment dessus. Coral Biome essaie de transformer une molécule précise en médicaments à utiliser en cas de diagnostic d’un cancer incurable. Sandrine Courtès, associée de Coral Biome ainsi que Directrice scientifique analyse : “Cette toxine est connue depuis les années soixante. On savait que c’était un poison, ou un anticancéreux qui s’attaquait aux cellules malades, mais elle était aussi toxique pour le reste de l’organisme”.

L’entreprise a déjà effectué quelques tests, qui se sont avérés être plutôt encourageants. Ils ont prélevé la molécule sur l’un des coraux cultivés dans leurs laboratoires, l’ont dilué, pour ensuite l’injecter dans l’organisme d’animaux malades et atteints de cancers incurables. Au final de cette expérience, 75% des animaux qui se sont vu injecter la toxine modifiée, sont en phase de rémission et la tumeur cancéreuse aurait totalement disparu. “On a prélevé des tumeurs chez des humains et, en culture, après avoir introduit la molécule, la tumeur est désintégrée” nous confie Frédéric Gault, le cofondateur de la société ».

Le corail, médicament du futur

La jeune entreprise a donc ouvert une levée de fonds de 5,5 millions d’euros, dans le but de procéder aux phases précliniques et pourquoi pas, un jour, penser à utiliser le traitement sur l’Homme. “Ce ne sera toutefois pas avant fin 2021, début 2022, si les résultats sont concluants”, contraste ici Sandrine Courtès.

Mais le traitement contre le cancer ne serait pas la seule utilité des coraux. Effectivement, il y a peu, le centre scientifique de Monaco a breveté le potentiel du corail : “Certaines molécules peuvent protéger la peau contre les agressions UV » confie M. Allemand. Les coraux pourraient également être utilisés pour diminuer le risque de rejet après une transplantation d’organes. Des chercheurs américains disent avoir même découvert un moyen d’utiliser le corail dans le traitement du Sida.